- DBF -

La gare de Bamako est pétrifiée.

Entre trains marchandise et trains voyageur la gare de Bamako fût prospère: reliant les pays frontaliers et les grandes villes aux villages la ligne était la principale source de trafic et d’échange. Désormais, locomotives et trains prennent la poussière.

Le refus de financement de l’Etat pour rénover les trains entraine la dégradation de certains et l’arrêt total d’autres. De ce fait, les entreprises se détournent de ce moyens de livraison car les trains deviennent trop lents et les imprévus mécaniques affluent.

2010, les trains voyageurs sont supprimés; ceux-là même qui reliaient villes et villages. Une indignation populaire éclate et les manifestants bloquent la circulation: les trains marchandises - et donc les échanges commerciaux - se gèlent et les villages se trouvent reclus par manque de ravitaillement. S’ajoute le conflit qui sévi depuis des années au Mali. La guerre étant un gouffre financier un cercle vicieux s’instaure. Les dessertes sont désormais prise en charge par les convois de casques bleus de la MINUSMA mais sont trop espacés.

La gare est maintenant engloutie par ce qu’on appelle “le marché de la gare”. Si les trains dorment d’un sommeil profond, la gare, elle, garde une énergie d’échange et de passage éphémère.

Suivant
Suivant

Il était une Rue