Il était une Rue.
Ce reportage a été réalisé dans les rues de Toulouse au cours des années 2018/2019.
« Que fait-on dans la rue, le plus souvent ? On rêve. C’est un des lieux les plus méditatifs de notre époque, c’est notre sanctuaire moderne, la Rue. » - Louis-Ferdinand Céline.
On se heurte à la patience, on y apprend l’espoir, on y rencontre le chagrin ; on apprend à partager – car oui cela s’apprend. On y apprend d’autres priorités. On y bouleverse ses croyances. On y côtoie la tolérance. On apprend. On s’apprend également, parce qu’on se retrouve souvent face à soi-même. On se fragilise. On ramasse les morceaux. Parfois ce sont les nôtres.
C’est un univers qu’on ne peut résumer, il y a tellement de profils différents, tellement de parcours, tellement d’histoires. Et elles pourraient toutes y figurer, la mienne, la vôtre. Aujourd’hui, on compte près de 300 000 personnes sans-abris en France dont 5 000 personnes à Toulouse. « On veut bien être ensemble, mais au final on est seuls dans cette galère ».
S’il y en a qui sont tombés du nid, d’autres au contraire, ont consciemment sauté.
Ils la choisissent pour la liberté qu’elle peut offrir, pour emprunter un chemin qui n’a pas de destination, un chemin qui n’a d’autre importance que d’être découvert, sans jamais se lasser de s’y abandonner. Juste vivre, tout simplement ; car au fond n’est-ce pas ce que nous cherchons tous, sous différentes formes ? C’est dans la répression et le dénigrement que la tristesse prend racine, car c’est cela le plus dur : être en permanence rejeté, incompris, mal vu. Les vagabonds ne sont pas toujours perdus.
Cette liberté commence à avoir un prix : dispositifs anti-sdf, arrêtés sur la mendicité, arrêté anti-bivouac, la violence de propos de certains policiers – quand ce ne sont que des propos – et le dur jugement de certains passants. Il serait peut-être intéressant de dépasser ce stigmate qui prône avec ferveur l’idée qu’un retour dans la vie active est à portée de main de celui qui la tend.
Au fond, le seul droit revendiqué ici est celui de pouvoir vivre et exister en tant que personne dite ‘normale’, au même titre que le reste du monde ; cesser de côtoyer l’exil, arracher son étiquette pour enfin pouvoir rencontrer ce sentiment d’être arrivé chez soi.
Je voudrai vous présenter vos voisins de dehors.
Lou
Le Manoir
On joue?
Le Banquet
La Garonne est montée
Enzo
Jenny et Duche
J'ai trouvé du bois!
Chaleur gardée
Il pleut
Lessive
"Bang Bang"
Donnie
Nounours cassés
Bertouille et la Joliette
Océane
Anarchie & Autogestion
Petit bain
Greena et Daisy
Tas de chiens, tas d'amour
Sans titre
Frank
Zaïko
Massist et Myki
Squat Croix-de-Pierre
Sous le pont Saint-Michel
La Meute
La manche
3,70 €
"On va se trouver un coin?"
80% de batterie
Nouveau sera la jour
Immense sera le chemin
Et Neuf sera la Pont
Ce projet a fait partie de la sélection des dix sujets retenus par les membres du jury pour le Prix Obs du festival "Les femmes s'exposent” 2020. Le jury était composé de Cécile Schall (de Fotofever), d'Antoine Kimmerlin (de MYOP), d'Aglaé Bory (photographe), de Véronique Rautenberg (directrice photo de l'Obs) et de Sylvie Duyck Dunoyer (cheffe adjointe du service photo de l'Obs).